Protégeons-les !

Une véritable hécatombe... Une épineuse disparition ! Cette espèce est menacée, il faut agir et vite. Les hérissons sont intoxiqués par les pesticides, broyés par les engins agricoles, chassés des campagnes suite à la destruction de leurs habitats naturels, brûlés vifs dans les feux de jardin, écrasés un peu plus dans d'horribles souffrances à chaque passage de nouvelle voiture : 1,8 millions par an en France selon les premières statistiques ! 

De quoi sont victimes les hérissons ?

Le hérisson est en danger, si l’on en croit les 70 000 signataires d’une pétition en ligne adressée aux candidats à la présidentielle : « Là où, dans les campagnes, il y avait 100 hérissons, il n’y en a plus que 3 à présent ! On estime qu’ils auront quasiment disparu d’ici à 2025. » « Aucune étude scientifique chiffrée sur cette espèce n’existe en France, tempère Patrick Haffner, chef du pôle espèces au service du patrimoine naturel du Muséum national d’histoire naturelle. La régression de ces mammifères est probable mais il faut se garder de projections alarmistes. »

Près de 600 000 individus par an disparaissent, estiment pourtant les associations de sauvegarde de cette espèce, comme Le sanctuaire de hérissons. Selon elle, 26 % sont intoxiqués par des produits phytosanitaires (pesticides, insecticides…). 24 % sont écrasés sur les routes. En effet, les hérissons circulent la nuit à la recherche de leur nourriture. Sur leur chemin, ils croisent des routes qui leur sont fatales car face au danger, ils ne fuient pas mais se mettent en boule et ne bougent plus. Ces animaux sont aussi mis en péril par des parasites, la faim ou encore la noyade. Seuls 9 % d’entre eux meurent victimes de leurs prédateurs naturels, renards, blaireaux et grands-ducs.

Quelles conséquences sur la biodiversité ?

Grand ami du jardinier, le hérisson, comme l’abeille, joue un rôle de régulateur. Omnivore, il mange les insectes, les escargots, etc., protégeant les récoltes et permettant de limiter le recours aux produits phytosanitaires. Mais il ne s’agit pas d’une espèce dite « clé de voûte », seule à jouer un certain rôle : sa disparition serait compensée par d’autres mammifères. « Son extinction ne sera pas catastrophique pour les écosystèmes, témoigne Patrick Haffner. Mais cet animal existe depuis 60 millions d’années et fait partie de notre patrimoine naturel, nous sommes responsables de sa préservation. »

Comment enrayer ce déclin ?

Comme pour toute la faune et la flore, pour le protéger, il faut développer les cultures biologiques et privilégier l’agriculture raisonnée. Dans son jardin, il faut aussi faire attention aux engins de coupe et éviter ce qui peut piéger l’animal, comme un regard avec une arrivée d’eau. On peut aussi l’accueillir en lui permettant de loger dans un tas de bois ou en lui mettant une gamelle d’eau.

Pour les routes, la solution réside dans les « passages à faune » construits pour permettre aux animaux de traverser les obstacles. Les hérissons passent ainsi par des tunnels qui les protègent des voitures. Mais contrairement au crapaud, qui emprunte une route de migration bien définie, le hérisson voyage de façon aléatoire, le nez en l’air, et il est donc difficile d’anticiper le chemin qu’il va choisir.

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